Atelier n°1

Démocratie et gouvernance de l’eau

D’une gestion technocratique, autoritaire et marchande de l’eau à la gouvernance démocratique d’un bien commun : reconnaître des droits à l’eau

Pedro Arrojo-Agudo,  Rapporteur spécial à l’ONU sur les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement. 

Il est l’auteur du rapport “Risques et impacts de la marchandisation de l’eau sur les droits humains à l’eau potable et à l'assainissement (2021)”. Il s’est engagé pour la préservation de la ressource en eau dans le cadre de son mandat de député au Parlement espagnol (2016-2019) et aussi au sein de la Fondation pour une nouvelle culture de l’eau dont il est le fondateur. Cet engagement a été salué dès 2003 par le Prix Goldman pour l'Environnement dont il est lauréat.

Marie Toussaint, Députée européenne appartenant au groupe des “Verts/ALE”: 

Elle est juriste et militante de la justice climatique, elle a co-fondé l'association Notre Affaire à Tous et est à l'origine de la pétition "L'affaire du siècle". Elle est élue eurodéputée écologiste en mai 2019 et siège dans les commissions Environnement, Industrie et Affaires juridiques, où elle se bat notamment pour la justice environnementale, le désinvestissement dans les énergies fossiles, la reconnaissance du crime d’écocide et des droits de la nature. Elle s’est notamment engagée dans Déclaration des droits du fleuve Tavignanu (Corse, France)

Jérôme Fritel, journaliste réalisateur, auteur de plusieurs documentaires primés. 

Il a réalisé en 2019 le documentaire “La main basse sur l'eau" (87 min). Il explore les raisons pour lesquelles Goldman Sachs, HSBC, UBS, Allianz, la Deutsche Bank, la BNP, les banques, les fonds de placements et les fonds spéculatifs se jettent sur tout ce qui a trait à l’eau. L’eau douce peut-elle vraiment être considérée comme une matière première au même titre que le pétrole, le  charbon ou le blé ?

Frédéric Pitaval, directeur d’Id-eau, une association suisse pour la protection et la promotion de l’eau douce 

Dans la continuité de son combat pour faire reconnaître le bassin versant du Rhône comme une personnalité juridique, l’association Id-eau a lancé une Assemblée populaire du Rhône.  Son objectif ? Permettre aux habitantes et habitants du bassin versant de construire collectivement des propositions concrètes sur la représentation de la voix du Rhône et de ses écosystèmes

Atelier n°2

L’Eau & ses usages

Comment l’Union fait cohabiter les différents usages de l’eau dans un contexte de tensions croissantes liées au dérèglement climatique ?

Loïc Prud’homme, député français de la Gironde appartenant au groupe “La France Insoumise”.

Membre de la commission développement durable de l’Assemblée nationale, il est l’auteur de deux rapports: un premier sur la ressource en eau et un second sur les conflits d’usages en situation de pénurie d’eau. Selon lui :

Il n’est plus temps de bricoler avec des outils institutionnels datés du temps de l’abondance ou des ouvrages ponctuels et dispendieux. Il est temps d’une réflexion globale et d’une révolution dans le partage de l’eau et la restauration de son cycle naturel.

Renée-Lise Rothiot, militante dans le Collectif Eau 88 (Vosges, France/Allemagne)

A Vittel (France), Nestlé surexploite l’eau pour vendre ses bouteilles. Il s’affiche en protecteur de l’environnement alors qu’il épuise les nappes phréatiques et pollue avec ses déchets plastiques. A Volvic (France) et Lüneburg (Allemagne), Danone et Coca-Cola ont eux-aussi la mainmise sur la ressource en eau. Les collectifs en lutte sur ces trois sites ont fait alliance contre les trois multinationales. Un slogan unit ces collectifs : “L’eau pour la vie, pas le profit !”

Jérôme Orvain, paysan éleveur en agriculture biologique 

Ancien conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine de 2016 à 2021, il a été dans le même temps président de l’Etablissement Public Territorial de Bassin de la Vienne (institution de gestion de l’eau en France). La Vienne est une rivière française qui prend sa source dans le fleuve la Loire. Aux abords de cette rivière se situe la centrale nucléaire de Civaux qui connaît des difficultés de fonctionnement en période estivale à cause du niveau bas de la rivière. 

Jean-François Hulot, Agro-économiste, Institute for European Environmental Policy (IEEP, Belgique) 

Il présentera son étude sur la prise en compte de la ressource en eau par les plans de relance lancés en 2020 par l’Union européenne. Les priorités de ces plans de relance sont la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité. L’objectif de cette étude sera donc de savoir si les plans de relance européens répondent vraiment à l’urgence climatique concernant la préservation quantitative de la ressource en eau en agriculture.

Atelier n°3

L’Eau & l’environnement

Comment dépasser l’impasse techniciste de la gestion de l’eau ? Quelle place pour les milieux aquatiques dans la gestion de l’eau du XXIe siècle ? Comment restaurer la continuité écologique des cours d’eau européens ?

Roberto Epple, président et fondateur de European Network Rivers (ERN)

Né en Suisse, il s’est battu toute sa vie pour la Loire (fleuve français) aux côtés de l'association S.O.S Loire Vivante contre des barrages hydroélectriques. Fruit de ces luttes, ERN est une ONG engagée dans la préservation et la gestion durable des fleuves, des rivières et de la ressource en eau. Elle coordonne et organise de nombreuses et diverses actions en faveur de leur protection et de celles des écosystèmes associés.

Françoise Blandel, co-présidente du collectif de défense de la zone humide du Testet (France)

Créé en 2011 pour protéger cette zone humide menacée de destruction par le projet de barrage de Sivens, sur la rivière Tescou (Nord-Ouest du Tarn), ce projet a été abandonné en 2016 après une longue bataille militante et la mort d’un jeune écologiste, Rémi Fraisse, tué lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre en 2014. Cette lutte est toujours d’actualité, et interroge notre modèle de production agricole et ses impacts sur la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques.

Cornelia Wieser, coordinatrice du projet “Blue Heart” à Riverwatch (Autriche) 

Basée à Vienne en Autriche, elle milite pour la conservation des habitats, à l’équilibre écologique et à la lutte contre le dérèglement climatique. Le projet “Blue Heart” a pour objectif de préserver 3500 projets de barrages dont 40% dans des zones protégées. Les rivières de la région des Balkans sont les plus intactes d’Europe et le dernier refuge pour les espèces aquatiques vivant en eau douce, et qui se sont éteintes partout ailleurs sur le continent. 

Julien Le Guet et Lucile Richard, militant.e.s du collectif Bassines Non Merci

Julien Le Guet est porte-parole du collectif et Lucile Richard a porté la pétition de Bassines Non Merci devant le Parlement européen en mars 2021. Ce collectif lutte contre la multiplication des retenues de substitution ou mégabassines dans le Marais poitevin; ces cratères d’eau pompée dans les nappes phréatiques s’étendent sur 8 à 10 hectares et sont destinés majoritairement à irriguer du maïs, lequel part à l’exportation pour l’alimentation animale. La lutte se poursuit pour empêcher l’avancée des travaux !

Plénière

Partage de Sciences

L’eau et le dérèglement climatique

Riccardo Petrella, politologue et économiste italien 

Engagé pour la défense du droit à l'accès à l'eau, il publie, dès 1997 le Manifeste de l’eau. Dans la foulée, il crée le comité international pour un contrat mondial de l'eau. Il est aussi l'initiateur de l'Université du Bien Commun et de l’Agora des habitants de la Terre dont il est le président. Altermondialiste affirmé, il est professeur émérite d’économie à l’Université Catholique de Louvain (Belgique). Il s’est toujours positionné contre la privatisation des ressources vitales pour les humains.

Emma Haziza, Hydrologue et experte dans le développement de stratégies pour la résilience des territoires face au risque inondation...

... elle a enseigné durant une dizaine d’années sur ce sujet. En parallèle, ses travaux l’ont aussi conduit à se retrouver à l’interface entre différents groupes d’acteurs qui concourent à la gestion des risques hydro-météorologiques devenant la référente sur ces thématiques dans les médias français. Enfin, elle a fondé Mayane Association qui sensibilise au risque inondation, sècheresses, économie d’eau et à l’adaptation face au changement climatique

José Maria Calaforra, hydrogéologue à l’université d’Almeria (Espagne) 

Engagé pour la préservation de la ressource en eau, il est le président de l’association “Acuiferos Vivos” (Aquifères vivants) qui est un groupe de défense de l’eau à Almeria. Située en Andalousie, cette ville est devenue le potager géant d’Europe avec la multiplication des serres sur des milliers d’hectares, des projets d’irrigation et l'accroissement des tailles des exploitations. Lutter contre ce modèle de production est primordial pour préserver la ressource en eau .

Plénière

Partage de visions politiques

Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne appartenant au groupe “La France insoumise”

En octobre 2021, elle est élue Présidente du groupe parlementaire La France insoumise, après deux ans passés en tant que vice-présidente. De février à juillet 2021, elle préside une commission d'enquête sur la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et leurs conséquences, afin de mettre en lumière les dangers qui pèsent sur la ressource en eau, à l'heure du dérèglement climatique.

Aboubakar Soumahoro, ancien ouvrier agricole et syndicaliste ivoiro-italien

Il est un défenseur des travailleur.euse.s agricoles émigré.e.s, Sa  lutte est  intrinsèquement liée aux aides allouées par l’Union européenne à l’agriculture(via la politique agricole commune ou PAC), qui favorisent les grandes exploitations intensives et qui captent ¼ de la ressource en eau en Europe. Pour lui, défendre les droits des travailleur.euse.s et préserver l’environnement qui est leur outil de travail va de pair !

Yannick Jadot, député européen Verts/ALE

Ancien directeur de Greenpeace France et cofondateur du parti Europe Ecologie Les Verts, il est aujourd’hui impliqué dans les commissions environnement, santé publique, sécurité alimentaire et commerce international. L’eau est pour lui une priorité :

En tant qu’écologiste, je porte l’idée d’une eau de qualité pour toutes et tous, assurée par un service public renforcé. Pour que l’accès à l’eau devienne un droit fondamental, dans les faits.

Virginijus Sinkevičius, commissaire européen à l’Environnement, aux Océans et à la Pêche (Commission Européenne)

Nommé commissaire européen à l’Environnement en 2019, il a précédemment été  ministre de l’économie en Lituanie. Il est chargé de la Stratégie Biodiversité 2030 dont l’objectif est de rétablir le lien terre-mer et d’en restaurer leurs écosystèmes respectifs. Cette stratégie sera-t-elle suffisante pour enrayer le déclin de la biodiversité et particulièrement des écosystèmes aquatiques ?