L’eau, et en particulier l’eau douce de qualité, est une ressource vitale pour le maintien de la vie à la surface de cette planète. Nous la buvons, nous la prélevons pour l’irrigation agricole, l’industrie, la production d’énergie et le refroidissement des centrales nucléaires, nous en avons besoin pour assurer la préservation éminemment stratégique des milieux aquatiques et marins.
Notre survie, notre sécurité sanitaire, un grand pan de notre économie industrielle, notre souveraineté alimentaire et la restauration des écosystèmes dépendent étroitement de sa bonne qualité, de sa quantité disponible, de son partage équitable, de sa gestion responsable et de son accessibilité. La surexploitation de cette ressource combinée aux effets du dérèglement climatique nous rend très vulnérables. De nombreux conflits d’usage ont émergé partout en Europe.
Si l’Union européenne a pris des mesures fortes dès les années 1990, l’inconscience des systèmes dérogatoires mis en place par les États Membres, nous ont durablement empêché de sérieusement préserver la ressource, tant sur le volet qualitatif que quantitatif, tant en contribuant lourdement à la dégradation de l'écosystème marin pourtant absolument central dans la lutte contre le dérèglement climatique et l’atteinte de la souveraineté alimentaire.
Face à cette situation, certains s’acharnent à persister dans les impasses dont nous savons les conséquences délétères sur l’avenir des générations futures et privilégient la privatisation de la ressource, ouvrant la voie à la marchandisation et à la spéculation sur la ressource en eau. Cette approche irresponsable, déconnectée du contexte climatique, ne conduira qu’à amplifier les inégalités d’accès à l’eau, la dégradation et la surexploitation de la ressource.

À rebours de ces logiques, nous, le Forum européen de l’eau, déclare :

 

L’eau est un commun planétaire.

Sa privatisation et son accaparement, sont aux antipodes des fondamentaux de démocratie et de partage, et sont donc incompatibles avec une préparation responsable de l’avenir des générations futures. Sa préservation et son juste accès, pour l’ensemble des enjeux vitaux, doivent être encadrés par des lois et des réglementations robustes et ambitieuses, sans dérogation possible.

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